Echanges  entre

un plasticien,

un peintre du dimanche,

Géraldine Cojan,

un menuisier,

un regardant « intello »,

un spectateur sympa

à propos du tableau 

les cabanes de

plage

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Le plasticien : Dans le socialisme utopique, le phalanstère fut l’une des manières les plus communautaires qui soit de se loger  : faire fi de la propriété et mettre en place des logements collectifs et fédérateurs, pour une nouvelle société.

La vision de Géraldine Cojan, est tout autre. L’individu, doit exister et ne pas se fondre dans la masse de ses semblables. C’est pourquoi, elle a peint des cabanes de plage, non pas en tant qu’objet sociétal mais en tant qu’objet conceptuel. En effet sa vision de l’individu, accroché si l’on peut dire, à ses semblables passe par cette vision quasi apocalyptique de ces cabanes dans leur solitude mais aussi regroupées, ne sachant pas ou ne pouvant choisir entre la solitude et l’ensemble du groupe.

Dilemme cornélien pour chacun d’entre nous entre solitude, vie de couple ou vie communautaire que choisir ? que faire ? là est la question.

Seul le regardant de l’œuvre pourra se définir et choisir sa ou ses propres cabanes.

Géraldine Cojan : alors, moi je vais vous dire ma fille a eu envie que je lui peigne un tableau sur les cabanes. Je me suis dit : « les cabanes de plage je dois savoir faire. » J’ai acheté des cartes, fait des photos des cabanes sur la plage de la Brée et puis je me suis lancée :une toile, des pinceaux, des tubes et hop l’affaire était rondement menée.

Bon je sais le plasticien intellectualise ma démarche. Si ça lui fait plaisir.

En fait les cabanes de plage c’est comme les troupeaux de vache : ça fait du bien d’être seule mais tout de même les copines c’est sympa.

Individualisme, collectivisme et puis quoi encore des cabanes de plage tout simplement.

Un spectateur sympa : houps ces cabanes ça me fait penser à des « chiottes" qu’on avait trouvé avec ma femme en plein désert. C’était trop rigolo, tellement drôle qu’on les a prises en photo avec mon épouse. Tiens je vous les montre même !!!

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C’est leur cabane de plage à eux la bas en Tunisie

Le regardant intello : Monsieur !!! Honte à vous …osez comparer des cabanes de plage à cet affreux concept scatologique de toilettes en plein désert. Bien sur le fil rouge de ces deux visions c’est le sable… sable du désert d’un côté, sable de la Brée de l’autre. Est-ce à dire que cette entité est possible ou tout simplement remarquable je vous le demande ?

Vous, Géraldine, que diable défendez votre point de vue. Vous êtes insultée ! je ne sais si vous en avez conscience

Géraldine Cojan : Moi vous savez les cabanes de plage ça pourrait faire d’excellentes sanisettes !!! Rien ne se perd tout se transforme à dit Lavoisier vous voyez ce que je veux dire !

Le peintre du dimanche : oui ! pas mal ! bon ça manque un peu de bronzés sur la plage. Les humains ça existe et comme dirait le plasticien le phalan j’sais pas quoi avec plein de gens il faudrait qu’ils s’installent les uns à côté des autres sur la plage pour que ça fasse plein de couleurs.

Le menuisier : une cabane en bois pour bien faire : 2 bon mètres de hauteur, 1,50m de large et 3m de profondeur. Location individuelle à la mairie et ensuite plus besoin de transporter tout son bardas à la plage. Et puis discrètement vous pouvez même installer des W-C chimiques !!!

Le plasticien : Mais enfin tous ces gens, ils ne peuvent pas s’empêcher de parler de pipi, caca. Madame Cojan a réussi un tableau très conceptuel sur la solitude, le communautaire et ramener ainsi sa toile à une histoire d’intestin et de vessie quel toupet !!! Quoi que ….

Une grande bouffée de rire

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